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La notoriété des rapports ITIE

Yr.no est l'un des site le plus visité de Norvège. Il fournit des informations sur la météo et, comme si nous ne le savions pas déjà, il révèle qu'il a plu pendant 11 des 14 derniers jours ici, à Oslo. Lors du déjeuner, je me suis retrouvé dans un débat sur la météo, à savoir s'il fait meilleur ici ou en Angleterre et je rentre à la recherche de statistiques sur le Net pouvant étayer mon argumentation. Il est facile de trouver des informations sur la météo en Norvège et en Angleterre, trouver des données qui peuvent être facilement comparées est plus difficile.

Inspiré par le fondateur obsédé de Gapminder, Hans Rosling et leur devise "dévoiler des statistiques pour une vision du monde basée sur les faits", nous avons aujourd'hui ici, au secrétariat, mis la touche finale à notre onzième mise à jour sur les progrès réalisés dans 31 pays ayant mis en œuvre l'ITIE. L'ITIE est un vaste mouvement, nous comptons approximativement 400 personnes faisant partie des groupes de parties prenantes, des centaines de collègues ITIE aux secrétariats nationaux et parties prenantes au sein des organisations de la société civile, des entreprises et des gouvernements ainsi que dix d'entre nous ici, à Oslo et Berlin. Ensemble, nous commençons à avoir une histoire à raconter. Nous commençons à disposer de données comparables et à dévoiler des statistiques pour une gouvernance des ressources naturelles basée sur les faits.

Un peu moins d'un demi milliard de personnes vivent dans des pays qui ont produit des rapports ITIE et ils ont maintenant l'occasion de voir ce que leur pays perçoit de la vente de pétrole, de gaz ainsi que des minéraux et des métaux. Pour un grand nombre d'entre eux, c'est la première fois que cela leur est possible.

Un total de 47 rapports ITIE ont été produits par 22 pays (y compris la Guinée équatoriale) depuis 2005, lorsqu'a débuté la campagne de rapports. Bien qu'encore limités, les rapports offrent l'occasion de procéder à d'intéressantes comparaisons de données sur ce que produisent et gagnent différents pays. Les rapports soulignent également des points intéressants sur les types de paiements sont les plus importants pour les pays, comme le fait que les impôts sur les sociétés sont souvent plus élevés que les paiements de redevances minières dans la plupart des pays (et souvent à l'opposé de producteurs de pétrole). Nous savons que les chercheurs, le FMI, et les investisseurs commencent à étudier de près ces rapports. Au fur et à mesure que la qualité et la régularité des rapports ITIE continueront à s'améliorer, les renseignements fournis augmenteront considérablement la quantité d'informations auxquelles les gens ont accès relativement au secteur de l'extraction dans leur pays.

La lisibilité des rapports ITIE varie selon les pays, mais beaucoup, comme la Norvège, la Sierra Leone, le Libéria et la Mongolie, ont produit des rapports comprenant d'excellents résumés qui mettent clairement en évidence les données clés telles que les recettes totales couvertes par le rapport, la période de déclaration et le type de paiements couverts dans le rapport, toutes ces données ventilées entreprise par entreprise, pour la commodité du lecteur. Grâce à ces données, en combinaison avec les données de production provenant d'autres sources telles que la US Energy Information Administration, permettent en outre de créer une vue plus complète de ce qu'un pays reçoit pour ses ressources. Par exemple, un rapide coup d'œil au premier rapport de la Norvège montre que la Norvège a obtenu en 2008 quelque 400 milliards de NOK (environ 63 milliards de dollars) pour ses ventes de pétrole et de gaz, ce qui, selon la U.S. EIA correspond à 2,5 M de BPJ (barils par jour) de pétrole et à 3 500 BCF (milliards de pieds cubiques) de gaz.

Nous devons toutefois faire attention lorsque nous comparons. Produire du pétrole ne se fait pas de la même manière en Norvège qu'ailleurs. Les rapports ITIE s'améliorent cependant et commencent à raconter une histoire, qui peut également faire la lumière à savoir si un pays et ses citoyens font une bonne affaire ou non. Nous commençons à arriver à l'objectif de l'ITIE: assurer une transparence qui a du sens et engendrer le débat.