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Période décisive pour la première vague de pays mettant en oeuvre l'ITIE

L'ITIE a franchi une étape importante la semaine dernière. Effectivement, les premiers 22 pays qui sont devenus candidats à l'ITIE en 2008 avaient jusqu'au 9 mars pour achever une Validation ITIE indépendante, le mécanisme de garantie de la qualité de l'ITIE. La Validation ITIE est une occasion pour les pays de prouver à leurs citoyens et au monde qu'ils ont été fidèles à leurs promesses en répondant aux normes ITIE. Seuls deux pays ( l'Azerbaïdjan et le Liberia) ont respecté la date limite. Cependant, il est parfaitement clair que les dates limites de Validation ont servi à catalyser le progrès: il n'y a jamais eu autant d'activité et de détermination pour améliorer la transparence dans le secteur extractif dans de si nombreux pays. Rien que dans les six derniers mois, le nombre de pays qui a créé un rapport ITIE a presque doublé en atteignant 21. A présent, presque tous les pays ont demandé de courtes prolongations et s'efforcent d'achever le processus de validation. Le Conseil d'administration de l'ITIE se réunira à Berlin en avril et évaluera chaque demande individuellement.

Le processus de Validation révèle beaucoup de choses sur ce que l'ITIE a accompli dans les pays qui la mettent en oeuvre. Sur les 22 pays, 19 d'entre eux ont maintenant divulgué les paiements provenant de leur secteur extractif dans un Rapport ITIE. Au Nigeria, le processus ITIE a fait la lumière sur un labyrinthe complexe de paiements et de transferts obscurs, et a ouvert la voie à une gestion plus ouverte et efficace du secteur. Plusieurs recommandations sont en train d'être adoptées dans le projet de loi sur le pétrole du pays. Dans les pays en situation post-conflictuelle, comme le Liberia ou la République Démocratique du Congo, l'ITIE fait partie d'un processus plus large de paix et de réconciliation. L'Azerbaïdjan publie maintenant des rapports sur ses revenus pétroliers tous les six mois, et organise des réunions qui fournissent une plate-forme sans précédent pour que la société civile et les entreprises contribuent à la gestion des ressources naturelles. Les citoyens de la Guinée-Équatoriale et du Timor Leste ont accès pour la première fois aux informations sur les recettes publiques provenant de leurs industries pétrolières. Dans les pays instables comme le Niger, la Mauritanie et le Madagascar, l'ITIE crée un espace démocratique pour que les citoyens contribuent au développement de leur pays. L'Irak et l'Afghanistan ont rejoint le processus il y a un mois, et font preuve de détermination contre toute attente.

Nous savons que tous les pays mettant en oeuvre l'ITIE se trouvent à des stades différents de développement économique et politique. Ils sont également à des niveaux différents de mise en oeuvre de l'ITIE. Ceux qui soutiennent l'ITIE dans l'industrie, la société civile et le gouvernement peuvent être certains que nous agirons avec la plus grande justice, en considérant les leçons tirées de la date limite de la semaine dernière, et en décidant si oui ou non les pays répondent aux normes de l'ITIE. En outre, nous ne dévierons pas de notre objectif de voir l'EITI réussir dans les pays qui souffrent énormément de la Malédiction des ressources. L'ITIE continuera de soutenir ces pays mettant en oeuvre l'ITIE qui progressent, et qui souscrivent pleinement au développement grâce à une meilleure gestion de leurs ressources naturelles.

Peter Eigen est le président de l'Initiative sur la Transparence des Industries extractives.